Kiss from the Reef

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Le Morne

Le lagon sous la montagne. On y apprend, on y progresse, on y attend la marée, et on y croise la moitié de l’Europe en août.

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Le Morne
Photo : Svein-Magne Tunli - tunliweb.no, CC BY-SA 4.0

Le Morne, c’est la pointe sud-ouest de Maurice, une presqu’île plate posée au pied d’un bloc de basalte de 556 mètres classé à l’UNESCO. Le lagon fait le tour de la pointe, protégé par une barrière de corail à quelques centaines de mètres, et le vent y arrive de la gauche, side-shore, compressé et accéléré par la montagne. C’est le spot mauricien que tout le monde connaît, et c’est aussi celui où nous avons appris à faire nos premiers bords propres.

On y va encore, souvent, mais plus tout à fait de la même façon qu’au début. Voici ce qu’on aurait aimé qu’on nous dise la première fois.

Le vent, en vrai

La prévision annonce du sud-est à 18 nœuds ; sur l’eau, on a plutôt 22. L’effet venturi du Morne Brabant ajoute 3 à 5 nœuds, parfois plus près de la pointe. De juin à septembre, on sort la 9 m la plupart des jours et la 7 m une bonne partie de juillet et août, quand il souffle 25 à 35. En mai et en octobre, c’est plutôt 15 à 22 nœuds, et une 10 ou 12 m fait la journée.

Le vent est régulier dans le lagon lui-même, mais rafaleux au bord, là où il passe au-dessus des filaos. C’est là que se cassent les ailes au décollage. L’autre piège, c’est la fin de journée : en hiver, le vent tourne souvent offshore vers 16 h 30 ou 17 h. Ceux qui traînent au large de la zone d’école finissent en dérive vers la passe. Les centres patrouillent le lagon vers 17 h, et un remorquage se paie 100 € et plus.

Kiteur en bord de lagon devant plusieurs ailes et des planches à voile au Morne
Kite et windsurf se partagent le lagon, à peu près en bonne intelligence. Photo : Ludovic Lubeigt from Taiwan, CC BY-SA 2.0

La marée décide de la journée

Le lagon est peu profond : 50 cm à 1,50 m selon l’heure. À basse mer, surtout aux grandes marées, le corail affleure sur de larges zones. On marche avec de l’eau aux chevilles, on ne peut plus tomber n’importe où, et les tricks attendent. À haute mer, l’eau devient trop profonde pour poser le pied dans une bonne partie du lagon, et un courant net se met en place vers la passe, au nord-ouest, par laquelle tout le lagon se vide. Pour un débutant qui a encore besoin de toucher le fond, l’idéal se situe deux heures autour de la mi-marée montante.

On regarde les horaires la veille, on cale la session dessus, et on garde les chaussons : dalles, oursins et, plus rarement, poisson-pierre. Personne ne regrette d’en avoir mis.

Les zones, du bord vers le récif

  • La zone d’école, sous le vent, en face des centres. C’est le coin le moins profond et le plus encombré. Si vous n’êtes pas en cours, remontez au vent et laissez-la aux élèves.

  • Le lagon libre, au vent de la zone d’école : flat à légèrement clapoteux, eau turquoise et translucide, la meilleure partie pour naviguer et travailler ses tricks. Le clapot monte quand la houle est grosse et que le lagon se remplit.

  • Little Reef, à environ 300 mètres du bord : une petite vague de récif, en général moins d’un mètre, où l’on découvre le surf tracté sans risquer grand-chose. Marée haute obligatoire.

  • La Pointe (Le Morne Point), à l’extrémité sud-ouest : side-shore plus franc, eau semi-plate à clapoteuse, lancement entre les arbres et rafales au bord. Réservé à ceux qui savent décoller vite et proprement.

  • Au-delà du récif, Manawa, Chameau et One Eye. On leur consacre une page à part, parce que ce ne sont plus du tout les mêmes règles du jeu.

Par vent de nord, ce qui arrive quelques jours par mois en été, la plage publique au nord de la pointe, entre les deux grands hôtels, prend le relais avec un lagon plus simple.

Le monde

De juillet à septembre, le lagon est plein. Écoles ION Club, Hang Loose, Le Morne Kite School, Brabant et quelques autres tournent à plein régime, et on compte facilement trente à cinquante ailes en l’air l’après-midi. Ce n’est pas dangereux si tout le monde applique les priorités, mais ça demande de l’attention. Nos parades : arriver à 10 h quand le vent monte, naviguer au vent de la zone d’école, ou venir en mai et en octobre, quand le lagon redevient respirable et que les guesthouses baissent leurs tarifs.

En semaine hors saison, le contraste est saisissant : dix ailes, un lagon entier, et du vent encore correct.

Plage de sable blanc du Morne, filaos et cocotiers, la montagne derrière
La plage sous le Morne Brabant, côté hôtels. Photo : LisanneD, CC BY-SA 4.0

Pratique

Accès : 1 h 15 depuis l’aéroport en voiture, par la côte sud. On se gare gratuitement sous les filaos, à côté de la zone de décollage sur l’herbe. Toilettes à trois minutes, food trucks en saison, pas grand-chose d’autre : on apporte de l’eau.

Cours et location : comptez 3 800 roupies l’heure de cours (75 € environ) ou 80 à 100 € la découverte de 2 h, et 200 à 425 € la semaine de location complète selon l’école. Toutes demandent une carte de niveau IKO ou équivalent pour louer.

Dormir : La Gaulette, à 10 minutes au nord, est le village des kiteurs, avec des guesthouses de 40 à 80 € la nuit et des appartements avec local à matériel. Le village du Morne est plus proche et plus calme. Les hôtels du lagon sont une autre catégorie de budget.

Jours sans vent : la montée du Morne Brabant (3 h, tôt le matin), les gorges de Rivière Noire, ou simplement Tamarin pour surfer une petite vague.

Si vous cherchez le même genre de lagon d’apprentissage en Europe, Lo Stagnone est la comparaison la plus juste, en moins profond et sans montagne.

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Les autres spots

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  • Anse La Raie

    Alizé d’est à sud-est side-shore de la gauche à side-onshore ; s’active surtout quand le vent bascule à l’est

    Anse La Raie

    Le lagon du nord-est. Du flat, un vent sans montagne pour le tordre, et dix ailes les jours de grande affluence.

  • One Eye

    Sud-est cross-offshore (side-off de la gauche), accéléré de 5 à 10 nœuds par la montagne ; 20 nœuds minimum conseillés

    One Eye

    Une gauche de récif ultra-rapide au bout du lagon, un vent side-off, une passe qui aspire. On y va préparé ou on n’y va pas.