Kiss from the Reef

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Anse La Raie

Le lagon du nord-est. Du flat, un vent sans montagne pour le tordre, et dix ailes les jours de grande affluence.

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Anse La Raie
Photo : Hansueli Krapf, CC BY-SA 3.0

Anse La Raie est une baie du nord-est de Maurice, coincée entre Cap Malheureux et Calodyne, face à l’îlot du Coin de Mire. Le récif est loin, 2,5 kilomètres au large, et le lagon qu’il protège est une nappe d’eau plate qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres avant de se creuser. Le vent arrive de la gauche, entre side-shore et side-onshore, sans relief à traverser. C’est là qu’on va quand le Morne déborde, et c’est là qu’on a fait nos progrès les plus nets en freestyle.

Il y a un prix à payer pour ce calme, et il tient en une ligne : le nord de l’île est partiellement abrité de l’alizé de sud-est pur. On l’explique plus bas.

Le vent : moins de jours, meilleure qualité

L’alizé souffle du sud-est à l’est toute la saison, de mai à octobre, avec 15 à 25 nœuds la plupart des jours de juin à septembre et des pointes à 28. Mais la côte nord-est ne reçoit vraiment ce vent que lorsqu’il a une composante est : par sud-est franc, une partie de l’île fait écran et Anse La Raie tourne autour de 12 à 16 nœuds pendant que le Morne se prend 25. Par est ou est-nord-est, le rapport s’inverse : le vent arrive ici propre et laminaire, sans les rafales que la montagne fabrique au sud-ouest, et c’est franchement la meilleure journée de flat que l’on puisse trouver sur l’île.

Le rythme quotidien est le même que partout : lever du vent vers 10 h, maximum de 13 h à 16 h, extinction en douceur au coucher du soleil. En été austral (novembre à avril), on compte sur les thermiques d’après-midi, 10 à 20 nœuds, irréguliers.

Nos ailes ici : 12 m la plupart des jours, 9 m en juillet-août, 7 m quelques après-midis. Un shorty suffit, même en hiver ; l’eau descend rarement sous 23 °C.

Barques de pêcheurs au mouillage dans le lagon turquoise de la côte nord, cases et cocotiers
Le lagon du nord un matin sans vent, avant que ça se lève vers 10 h. Photo : Hansueli Krapf, CC BY-SA 3.0

Le lagon en trois bandes

Depuis la plage, le lagon se lit en trois zones successives, et c’est ce qui fait qu’il convient à tout le monde.

  1. La bande du bord, peu profonde, du genou à la taille à basse mer : c’est la zone des débutants et des écoles, sur du sable. On y remonte sa planche à pied, ce qui change tout quand on apprend le waterstart.

  2. Le lagon profond, 2 à 4 mètres à haute mer, flat à légèrement clapoteux au-dessus de 20 nœuds : la zone des tricks, des kiteloops et du foil. L’eau y est assez claire pour lire le fond en naviguant.

  3. Le récif, à 2,5 kilomètres : une petite vague de 1 à 2 mètres maximum pour ceux qui veulent tourner en strapless sans les enjeux de One Eye. Le courant y est faible, mais c’est loin, et un problème là-bas se règle seul.

La marée compte moins qu’au Morne : le lagon reste navigable à basse mer, il devient simplement plus petit. On surveille surtout les plaques de corail vers le large et quelques têtes de roche près du bord, marquées par les écoles. Les chaussons ne sont pas obligatoires dans la zone sableuse, mais on les garde quand on va vers le récif.

Le monde, ou plutôt son absence

En semaine, on a compté plus souvent trois ailes que dix. Le spot n’a qu’une école, au pied de l’hôtel qui occupe la pointe de la baie, et quelques indépendants qui viennent de Grand Baie. Le week-end, les familles de Cap Malheureux et de Calodyne prennent la plage, avec pique-nique et musique, et il faut lancer plus loin et naviguer plus au large. Rien de comparable aux cinquante ailes du Morne en août.

Le revers : la plage est petite, coincée entre des roches et des filaos, et le lancement demande un peu de méthode. On décolle à deux, aile basse, en visant la zone dégagée vers le lagon. Il n’y a ni douche, ni toilettes, ni buvette ; le parking sous les filaos est gratuit et ombragé, et Cap Malheureux est à cinq minutes pour tout le reste.

Pêcheurs à la ligne dans l’eau jusqu’à la taille sur le platier de la côte nord
Le platier à basse mer : eau à la taille, et pas que pour les kiteurs. Photo : gailhampshire from Cradley, Malvern, U.K, CC BY 2.0

Pratique

Accès : 1 h 15 depuis l’aéroport par l’autoroute M2, 45 minutes depuis Port-Louis, 10 à 15 minutes depuis Grand Baie ou Cap Malheureux. On se gare le long de la route côtière.

Cours et location : les tarifs suivent la grille de l’île, 80 à 100 € la découverte de 2 h, 40 à 60 € la journée de location, et la carte de niveau est demandée. Pour louer un pack complet sur plusieurs jours, il vaut mieux réserver : le stock est plus petit qu’au Morne.

Dormir : Cap Malheureux et Calodyne pour le calme, avec des guesthouses et des appartements de 40 à 80 € la nuit ; Grand Baie pour les restaurants, les commerces et la vie nocturne, si c’est ce que vous cherchez après une session. L’hôtel de la baie est la solution sans voiture.

Jours sans vent : le nord est la partie de l’île la mieux équipée pour ça, entre le snorkeling au Coin de Mire, les excursions vers l’île Plate et les marchés de Grand Baie et de Goodlands.

Si vous avez aimé le flat de Dakhla ou de Leucate par tramontane, Anse La Raie vous parlera : c’est du même ordre, avec de l’eau à 25 °C et une île au bout du lagon.

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Les autres spots

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  • Le Morne

    Alizé de sud-est side-shore de la gauche, accéléré par le Morne Brabant ; bascule offshore en fin de journée

    Le Morne

    Le lagon sous la montagne. On y apprend, on y progresse, on y attend la marée, et on y croise la moitié de l’Europe en août.

  • One Eye

    Sud-est cross-offshore (side-off de la gauche), accéléré de 5 à 10 nœuds par la montagne ; 20 nœuds minimum conseillés

    One Eye

    Une gauche de récif ultra-rapide au bout du lagon, un vent side-off, une passe qui aspire. On y va préparé ou on n’y va pas.