Kiss from the Reef

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Île Maurice

Notre île de base. Un lagon pour apprendre, une gauche de récif pour se faire peur, et cinq mois d’alizé pour tout le reste.

Île Maurice, Maurice
Photo : Lukas von Daeniken from Schweiz, CC BY-SA 2.0

Maurice, c’est chez nous. On y a posé les sacs il y a quelques années, entre deux hivers européens passés en van, et on n’a jamais vraiment trouvé de raison de repartir. Pas parce que l’île est un décor de carte postale (elle l’est, mais ça se vend déjà très bien sans nous), mais parce que c’est l’un des rares endroits où un lagon d’école, une vague de récif de classe mondiale et un spot de flat désert tiennent sur une île que l’on traverse en une heure et demie de voiture.

Cette page sert de porte d’entrée. On y pose ce qu’il faut savoir avant de réserver : le vent et ses mois, la logistique, les prix réels, et les trois spots que l’on documente en détail, Le Morne, One Eye et Anse La Raie. Le reste de l’île a d’autres coins (Bel Ombre, Pointe d’Esny, la côte est), on y reviendra.

Un avertissement quand même : Maurice n’est pas Dakhla. Il n’y a pas de vent tous les jours toute l’année, et le lagon du Morne, en août, n’a rien de désert. Ceux qui viennent en janvier avec une 9 m et de grands espoirs repartent souvent avec un joli bronzage.

Le vent : un alizé, deux saisons

L’île vit sous l’alizé de sud-est, poussé par l’anticyclone des Mascareignes. Il souffle du secteur sud-est à est plus de 70 % de l’année, mais sa force change du tout au tout selon la saison.

  • Juin à septembre : le cœur de saison. 18 à 28 nœuds la plupart des jours, avec des pointes à 30-35 au Morne en juillet-août. Beaucoup de jours en 8 et 9 m, quelques-uns en 7. L’air tourne autour de 20 à 24 °C, l’eau autour de 22-23 °C. Oui, on porte une combinaison sous les tropiques, un shorty ou une 3/2 selon la frilosité.

  • Mai et octobre : les mois d’épaule. 15 à 22 nœuds, encore très fiables, moins de monde, tarifs plus doux. C’est notre préférence quand on peut choisir.

  • Novembre à avril : l’été austral. 10 à 20 nœuds, irrégulier, avec des thermiques d’après-midi que les modèles ne voient pas toujours venir. L’eau monte à 27-29 °C. On sort la 12 et la 14 m, et on accepte de rater des jours. Janvier à mars, c’est aussi la saison des cyclones ; ils ne touchent l’île que quelques jours par an, et on les voit venir longtemps à l’avance.

La journée a son propre rythme : calme le matin, montée progressive entre 10 h et midi, maximum entre 13 h et 16 h, puis déclin doux jusqu’au coucher du soleil. En hiver, ça tient parfois jusqu’à la nuit ; en été, c’est souvent fini à 16 h.

Ailes posées sur l’herbe au bord du lagon du Morne, une trentaine de kites en l’air derrière
Le Morne un après-midi de juillet : on compte les ailes, on arrête à trente. Photo : Ludovic Lubeigt from Taiwan, CC BY-SA 2.0

Trois côtes, trois vents

Le même alizé ne donne pas le même vent partout, et c’est ce qui rend l’île intéressante.

Le sud-ouest, autour du Morne, reçoit un vent side-shore de la gauche, accéléré de 3 à 5 nœuds par la montagne du Morne Brabant. Quand la prévision dit 18, on a souvent 22. C’est là que se concentrent les écoles, le lagon plat et les vagues de récif, dont One Eye. C’est aussi là qu’il y a le plus de monde.

La côte est (Palmar, Belle Mare, Poste Lafayette) prend le vent brut, onshore à side-onshore, souvent un peu au-dessus des moyennes régionales. Les lagons y sont peu profonds et bien faits pour le freestyle. Chaussons obligatoires : le corail y est partout.

Le nord et le nord-est sont partiellement abrités par un alizé de sud-est pur, et s’activent vraiment quand le vent bascule à l’est ou monte en force. Le paradoxe, c’est qu’une fois lancé, le vent y est plus propre qu’au Morne, sans relief pour le tordre. C’est le cas d’Anse La Raie, où l’on va quand on en a assez de compter les ailes.

Venir, se loger, se déplacer

Depuis Paris, le vol direct dure 11 à 12 heures. Air Mauritius, Air France et Corsair volent toute l’année, et l’aller-retour se paie entre 800 et 1 400 € selon la saison ; juillet-août et les vacances de Noël sont les pires. Le matériel passe en bagage sport, à déclarer à la réservation.

L’aéroport est au sud-est de l’île. Comptez 1 h 15 de route vers La Gaulette et Le Morne, autant vers Cap Malheureux et Anse La Raie. On conduit à gauche, les routes sont correctes et les Mauriciens roulent vite pour une île. La location de voiture coûte 25 à 40 € par jour, moins au mois ; les loueurs locaux joignables sur WhatsApp sont souvent moins chers que les grandes enseignes. Le bus existe, il est lent, et il ne prend pas votre boardbag de 170 cm de bonne grâce.

Pour dormir, la logique est simple : La Gaulette ou le village du Morne pour le sud-ouest (10 à 20 minutes des spots, guesthouses de kiteurs entre 40 et 80 € la nuit, appartements Airbnb de 50 à 150 €), Cap Malheureux, Calodyne ou Grand Baie pour le nord. Les grands hôtels du Morne sont sur le lagon, avec centre de kite intégré, à des tarifs qui commencent là où nos budgets s’arrêtent. Il n’y a pas de vie en van possible ici : pas de van à louer, et de toute façon on ne dort pas n’importe où sur les plages publiques.

Vue aérienne de la plage publique du Morne, bateaux au mouillage et filaos
La plage publique du Morne, celle avec parking et ombre. Photo : dronepicr, CC BY 2.0

Ce que ça coûte vraiment

On a fait les comptes à plusieurs reprises, pour nous et pour des amis de passage. Hors billet d’avion, à deux en guesthouse avec une voiture et en mangeant local, on tourne autour de 60 à 90 € par jour et par personne. Le repas de rue (dholl puri, mine frit, gâteaux piments) coûte 3 à 8 €, un restaurant local 8 à 15 €, un restaurant pour touristes 20 à 40 €.

Côté kite, les prix se ressemblent d’une école à l’autre. Une découverte de 2 h en cours privé se paie 80 à 100 €, un stage de 5 jours 350 à 450 €. La location d’un pack complet tourne autour de 40 à 60 € la journée et de 200 à 280 € la semaine. Les écoles demandent une carte IKO ou VDWS (ou l’équivalent) avant de vous confier du matériel, et la plupart en délivrent une en fin de stage. Un sauvetage en bateau au Morne se facture 100 € et plus ; c’est le meilleur argument pour rentrer avant que le vent ne bascule offshore en fin de journée.

À qui ça s’adresse

Au débutant : le lagon du Morne reste l’un des meilleurs endroits que l’on connaisse pour apprendre, à condition d’accepter le monde et de venir en mai, juin ou octobre. Anse La Raie est une alternative plus calme pour ceux qui savent déjà remonter au vent.

Au rider intermédiaire : c’est votre île. Flat pour les tricks, petites vagues à Little Reef, du vent presque tous les jours de juin à septembre, et un premier contact avec la vague à Manawa quand la houle reste modeste.

Au confirmé : One Eye et Manawa, tout simplement. On y consacre une page entière, parce qu’il y a plus de choses à savoir que dans n’importe quel autre de nos textes.

Si vous venez d’Europe et que vous hésitez avec Dakhla pour du flat garanti ou avec Tarifa pour la fiabilité du vent, disons-le honnêtement : Maurice est plus loin, plus cher et un peu moins venté. Mais aucun des deux n’a One Eye au bout du lagon, ni cette eau-là.

3 spots documentés

Les spots

  • Anse La Raie

    Alizé d’est à sud-est side-shore de la gauche à side-onshore ; s’active surtout quand le vent bascule à l’est

    Anse La Raie

    Le lagon du nord-est. Du flat, un vent sans montagne pour le tordre, et dix ailes les jours de grande affluence.

  • Le Morne

    Alizé de sud-est side-shore de la gauche, accéléré par le Morne Brabant ; bascule offshore en fin de journée

    Le Morne

    Le lagon sous la montagne. On y apprend, on y progresse, on y attend la marée, et on y croise la moitié de l’Europe en août.

  • One Eye

    Sud-est cross-offshore (side-off de la gauche), accéléré de 5 à 10 nœuds par la montagne ; 20 nœuds minimum conseillés

    One Eye

    Une gauche de récif ultra-rapide au bout du lagon, un vent side-off, une passe qui aspire. On y va préparé ou on n’y va pas.

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