Marsala Beach
Le côté sud de la lagune, là où l’eau se creuse, où le vent d’ouest lève du clapot et où l’on retrouve de la place.
- Intermédiaire
- Confirmé
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Quand la rive nord de Lo Stagnone déborde d’élèves, on prend la route côtière vers le sud. Elle longe les salines Ettore e Infersa, passe l’embarcadère pour Mozia, et débouche sur la Contrada Spagnola, la dernière portion de lagune avant la passe sud et la ville de Marsala. C’est ce que les kiteurs du coin appellent le « spot de Marsala » ou, plus simplement, le sud.
Ici, la lagune change de caractère. L’eau se creuse à 1 m, puis 2 m, jusqu’à 2,50 m dans le chenal qui mène à la passe. Les herbiers sont plus denses, l’eau plus claire, et surtout, il y a de la place. Trois ou quatre écoles au lieu de quinze, des locaux qui viennent après le travail, et personne pour vous couper la route à 200 m du bord.
On y a passé nos meilleures journées de vent d’ouest. Quand le ponente s’installe, la passe sud laisse entrer un clapot court et une houle modeste qui viennent mourir sur la berge : rien de comparable avec Tarifa, mais suffisant pour sauter avec un peu de relief sous la planche et pour rappeler qu’on est en mer et non dans un lac.
Un spot pour ceux qui naviguent déjà
Marsala Beach n’est pas un spot de débutant, et ce n’est pas une question de danger. C’est une question de profondeur : au-delà des cinquante premiers mètres, on ne touche plus le fond, ce qui veut dire de la nage tractée pour récupérer sa planche et des relances d’aile dans l’eau plutôt que debout. Pour quelqu’un qui navigue de façon autonome, c’est juste normal ; pour quelqu’un qui apprend, c’est une perte d’énergie dont il se passerait volontiers.
En revanche, c’est le spot des foilers, qui trouvent enfin de quoi mettre un mât de 90 cm sans labourer les herbiers, des wingers qui commencent à être nombreux, et des riders qui veulent des transitions propres et des sauts un peu plus hauts avec le clapot comme tremplin. Les écoles du sud proposent d’ailleurs des cours de foil et de wing plus que des cours de kite de niveau 1.
Le fond est du sable recouvert de posidonie sur la majeure partie, avec quelques dalles rocheuses côté mer, vers Capo Boeo et la pointe de Marsala, où l’on ne s’aventure pas en kite : c’est aussi la zone d’approche du port, interdite à moins de 500 m. Les anémones d’été piquent ici comme au nord, mais moins souvent, l’eau étant plus profonde et un peu plus fraîche.
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Lire le vent côté sud
Le vent est le même qu’au nord, mais il n’arrive pas pareil. Le thermique de nord-nord-ouest est ici plus side-shore, un peu plus faible, et l’eau reste plate : c’est la version « lac » du spot, 12 à 18 nœuds l’après-midi de mai à septembre, avec une aile de 12 m² qui ne quitte pas le sac.
Le ponente (ouest) est le vent qui fait l’intérêt du sud. Il entre par la passe en onshore franc, monte le niveau de l’eau et lève des vaguelettes de 30 à 60 cm dans la zone libre. Les jours de ponente établi à 18-22 nœuds, on a navigué en 9 m² avec de quoi s’amuser, pendant que la rive nord se contentait de flat. Il souffle plutôt en avant ou en arrière-saison, quand les dépressions passent au large.
Le scirocco (sud-est), enfin, arrive de terre et rend le spot side-off et rafaleux, avec un clapot court désagréable. Ce n’est pas le moment de sortir seul ; les écoles gardent un bateau de sécurité mais ne le lancent pas pour un touriste qui n’a pas prévenu. Le maestrale de nord-ouest, lui, est excellent partout, et le sud a l’avantage d’être moins dans le couloir d’accélération de la passe nord : plus régulier, moins violent.
La foule, ou plutôt son absence
Le contraste avec le nord est net. Un samedi d’août à 16 h, on a compté trente ailes au sud pour, à vue de nez, deux cents au nord. Beaucoup sont des Marsalais qui viennent en vélo ou en scooter après le travail ; l’ambiance est plus locale, moins « camp de kite ». Il y a un bar sur pilotis, des barques de pêcheurs amarrées en plein milieu du spot qu’il faut apprendre à contourner, et une route à sens unique qui longe la rive, où l’on traverse en accord avec l’assistant de décollage de l’école pour ne pas se faire faucher par un cycliste.
Les jetées et les corps-morts des barques sont les vrais obstacles du spot. Ils sont visibles, mais un vent de nord pousse vers eux quand on rate une transition. On garde ses distances.
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Pratique
Les trois ou quatre stations du sud acceptent les vans sur leur terrain, en nombre limité, autour de 10 € la nuit avec douche et toilettes ; il vaut mieux appeler avant en juillet-août. Marsala est à quinze minutes de vélo par la piste qui longe la côte, avec supermarchés, mécanicien et une bonne trattoria de poisson pour 25 € par personne. L’aéroport de Trapani est à 7 km.
Les jours sans vent, l’embarcadère pour Mozia est à cinq minutes : 6 € l’aller-retour, dix minutes de traversée, et l’île se parcourt à pied en deux heures. Pour un spot de vague plus sérieux, les locaux nous ont envoyés à Puzziteddu, une heure au sud vers Mazara del Vallo, qui prend quatre ou cinq nœuds de plus que la lagune et casse une vraie vague par vent de sud-est. On y a passé une journée ; ça mériterait un article à part, on y reviendra dans le journal.
Lo Stagnone
Les autres spots
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De l’eau aux genoux sur des centaines de mètres, un thermique qui arrive après le déjeuner : le spot où tout le monde apprend.