Kiss from the Reef

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La lagune

De l’eau aux genoux sur des centaines de mètres, un thermique qui arrive après le déjeuner : le spot où tout le monde apprend.

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La lagune
Photo : trolvag, CC BY-SA 3.0

La rive nord de Lo Stagnone, entre la Contrada Birgi et la passe de San Teodoro, c’est le spot dont tout le monde parle quand il dit « le Stagnone ». Sur trois kilomètres de côte basse, les écoles se succèdent sans interruption : un portail, un parking en terre battue, une terrasse en bois, un hangar à ailes, et devant, la lagune, plate, verte, à hauteur de genoux.

On y est arrivés un mardi de juin à 11 h, sans vent. La responsable de la station nous a dit de ne pas nous inquiéter, de manger, et que « ça arrive à 13 h ». À 13 h 10, le drapeau a commencé à claquer. À 14 h 30, on avait 17 nœuds de nord-nord-ouest et une centaine d’ailes en l’air. C’est le rythme de la maison, et il se répète cinq ou six jours par semaine de mai à septembre.

Ce n’est pas un spot de sensations fortes. C’est un spot où l’on apprend vite, où l’on répète ses figures sans risque, et où l’on peut emmener quelqu’un qui n’a jamais tenu une barre en sachant qu’il repartira en naviguant. Voici comment on l’a vécu.

De l’eau aux genoux, presque partout

La profondeur moyenne tourne autour de 50 à 60 cm et ne dépasse pas un mètre. On marche depuis la berge jusqu’à la zone libre, à 200 m, sans jamais perdre pied. Vers le nord, ça descend encore : 20 à 30 cm par endroits, et quand la tramontane souffle deux jours, tout le fond nord découvre. On a vu des élèves relancer leur aile debout sur du sable humide, à trois cents mètres du bord.

Pour un débutant, c’est le paradis pratique : pas de nage tractée épuisante, pas de planche perdue, pas de panique. On se relève, on remet le pied dans le strap, on repart. Pour un intermédiaire qui travaille ses premiers sauts, c’est aussi un avantage, à condition de viser les zones où il reste 80 cm sous la planche ; un atterrissage raté dans 30 cm d’eau sur un fond de vase avec des cailloux, on ne le recommande pas.

Le fond, justement : sable et vase mélangés, avec de grands herbiers de posidonie qui lissent la surface comme un miroir quand le vent est établi. Des cailloux près des berges, surtout au niveau des anciennes digues des salines. Et en juillet-août, quand l’eau dépasse 25 °C, les anémones. Elles ne sont pas dangereuses, mais elles piquent les mollets et les jambes rasées. Un legging fin ou un shorty long, et on n’y pense plus.

Les salines de la lagune au coucher du soleil, un moulin en silhouette et le mont Erice à l’horizon
Depuis l’eau, la vue de fin de session : les salines, le moulin, et le mont Erice au fond. Photo : LuciaPuzziello, CC BY-SA 4.0

Le thermique et les autres vents

Le thermique de nord-nord-ouest est le vent quotidien. Il se lève entre midi et 14 h les jours de haute pression, monte à 15-20 nœuds en milieu d’après-midi, puis redescend à l’heure de l’apéritif. Il arrive en side-shore à side-onshore sur la rive nord, propre, sans grosses rafales. On sort en 9 m² les bons jours, en 12 m² le reste du temps ; les écoles louent des 13, 15 et 17 m² pour les journées molles.

Le maestrale (nord-ouest), quand il est synoptique, donne des journées plus fortes et plus longues, souvent 20 à 25 nœuds dès le matin. La passe de San Teodoro fait couloir et accélère le vent près de l’entrée nord. Le scirocco (sud-est), lui, arrive de terre : rafaleux, chaud, il rend la rive nord side-off et hachée. Les écoles arrêtent souvent les cours débutants ces jours-là. Le levant (est) n’entre pratiquement jamais dans la lagune.

En saison, mai et juin sont les mois où le thermique est le plus régulier et où l’eau est encore fraîche, autour de 20 °C. Septembre garde le vent et perd la foule. En août, la chaleur écrase souvent le thermique : moins de jours, plus de 13 m².

Les écoles et la foule

Une quinzaine de stations occupent la rive nord, plus une dizaine au centre et au sud. Elles fonctionnent de mars à novembre. Elles ont mis en place un zonage qui tient plutôt bien : les 100 premiers mètres pour décoller, atterrir et enseigner ; de 100 à 200 m pour la nage tractée ; au-delà, la zone libre. Les élèves des écoles portent des casques de couleur, ce qui aide à savoir qui va où.

Entre 15 h et 18 h en juillet, il faut accepter d’être une aile parmi cent cinquante, et que le riding se fasse en surveillant ses arrières. Deux astuces qui ont marché pour nous : partir vers le nord, où il y a moins de monde et moins d’eau, ou attendre 18 h, quand les cours finissent et que le vent tient encore une heure ou deux. La meilleure session de notre séjour a eu lieu un soir à 19 h 30, en 12 m², avec vingt personnes sur l’eau et le soleil qui tombait derrière l’Isola Grande.

Moulin à vent et bassins des salines vus depuis un toit de tuiles
Les salines bordent la rive est ; les moulins pompaient l’eau d’un bassin à l’autre. Photo : Luican72, CC BY-SA 4.0

Pratique

Chaque station propose parking, douche extérieure, casiers et rinçage des ailes ; la plupart acceptent les vans pour une dizaine d’euros par 24 h. Les prix sont alignés : 40 à 50 € l’heure de cours en semi-privé, 60 à 80 € la journée de location. Le van reste à vue depuis l’eau sur la plupart des terrains, pas sur tous.

On accède aux stations par la route côtière qui longe les salines, étroite et fréquentée par les vélos. L’aéroport de Trapani-Birgi est littéralement de l’autre côté de la route ; on s’habitue aux avions. Pour la vague et l’eau plus profonde, direction le côté Marsala, dix minutes au sud. Et pour comparer avec une autre lagune d’apprentissage, on a écrit sur Dakhla, qui joue dans la même catégorie avec quinze nœuds de plus.

Lo Stagnone

Les autres spots

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  • Marsala Beach

    Ouest (ponente) onshore avec petites vagues à la passe ; nord-ouest side-shore et eau plate ; scirocco (sud-est) side-off avec clapot court

    Marsala Beach

    Le côté sud de la lagune, là où l’eau se creuse, où le vent d’ouest lève du clapot et où l’on retrouve de la place.