Speed Spot
Un banc de sable qui découvre à marée basse et, derrière, une eau sans une ride. Deux heures de fenêtre, et il faut savoir remonter au vent.
- Intermédiaire
- Confirmé
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Sur la rive est de la lagune de Dakhla, à quelques kilomètres au sud des camps principaux, il y a un endroit qui n’existe qu’une partie de la journée. À marée haute, c’est un bout de lagune comme un autre. À marée basse, un long banc de sable émerge, et derrière lui l’eau devient une plaque. Pas du flat « lagune » avec des rides de vent. Une plaque.
C’est là que se courent les chronos et que l’on comprend pourquoi les gens traversent le Maroc pour venir ici. C’est aussi le seul spot de la zone où l’on a eu peur, et ce n’est pas à cause de la vitesse.
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Pourquoi l’eau est plate à ce point
La mécanique est simple. Le banc de sable, une fois découvert, coupe le fetch : le vent de nord-est passe par-dessus le sable sec et arrive sur l’eau sans avoir eu le temps de lever quoi que ce soit. Sur la bande de cinquante à cent mètres qui longe le banc, l’eau reste absolument lisse sur plusieurs centaines de mètres de long.
Deuxième effet, moins agréable : derrière le banc, le vent n’est plus side-shore, il est offshore. Tout ce qui tombe part vers le large, vers une eau où l’on n’a plus pied du tout. C’est le prix de la surface lisse, et c’est ce qui transforme un terrain de jeu en spot à conditions.
Le vent y souffle propre, un ou deux nœuds au-dessus de la lagune : on gréait une 8 m là où on aurait pris une 9 m devant les camps.
La fenêtre de marée
Elle est courte et non négociable. Le spot ne fonctionne que deux à trois heures autour de la basse mer, et seulement si le vent est bien orienté nord. Aux grandes marées de pleine et de nouvelle lune, le banc découvre plus tôt, plus longtemps et plus largement — ce sont les meilleurs jours.
Le reste du temps, il n’y a rien à voir : l’eau recouvre le banc, le vent redevient side-shore, le clapot revient. On planifie donc la journée à l’envers, en priant pour que la basse mer tombe l’après-midi, quand le thermique donne. Sinon, on reste sur la lagune.
Ce que ça demande
Là où la lagune pardonne tout, le Speed Spot ne pardonne pas grand-chose. Le vent est offshore, la profondeur augmente d’un coup dès qu’on quitte la bande lisse, et il n’y a pas de bateau de sécurité. Les écoles qui y emmènent des groupes fixent en général un niveau minimum de type VDWS 5 ou équivalent, ce qui veut dire, en clair :
remonter au vent proprement, y compris fatigué et sous-toilé ;
redécoller une aile tombée, en eau profonde, du premier coup ;
faire un water start en eau profonde ;
savoir se sortir tout seul, aile roulée sur la planche, et rentrer à la pagaie.
Ce n’est pas un spot pour un débutant en sortie de stage, même accompagné. Un intermédiaire solide, en revanche, y passera les meilleures heures de son voyage.
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Comment y aller
Trois options, par ordre de facilité :
La navette des camps. La plupart organisent une sortie en 4x4 dès qu’il y a assez de monde et que la marée le permet. C’est la solution la plus simple et, pour une première fois, la plus raisonnable : quelqu’un connaît le coin, la position du banc et l’heure à laquelle il faut rentrer.
En van ou en voiture. La piste longe la lagune. Elle est roulante par endroits, sableuse ailleurs, et une deux-roues motrices s’y ensable sans effort. On y est allés en van une seule fois, en repérant à pied les vingt derniers mètres. Ça reste une décision à prendre avec une pelle dans le coffre.
En kite, depuis les camps. C’est un downwind, avec un passage par le chenal du côté de l’île du Dragon. Faisable, très joli, et à ne pas improviser : le retour se fait au vent, contre le courant de marée, ou en stop sur la piste.
Ce qu’on y fait
Du freestyle et de la vitesse, essentiellement. La bande lisse permet des pop et des atterrissages qui seraient impensables dans le clapot, et beaucoup de gens y font là leur premier handle pass. Pour la vitesse, la configuration est celle d’un run classique : on part au vent du banc, on descend le long de la bande, on remonte, on recommence.
Notre conseil, banal mais efficace : faites trois allers-retours en observant avant de vous lancer. Le banc bouge d’une année sur l’autre, et l’endroit où l’eau redevient profonde n’est plus celui de la saison passée.
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Pratique
Matériel : une taille en dessous de la lagune. Twin-tip, chaussons — le sable dur est agréable, les débris de coquillages le sont moins. Une 3/2 en hiver, un shorty l’été.
Sécurité : jamais seul, un téléphone dans une poche étanche laissée sur le banc, et une heure de retour décidée avant de partir. On rentre avant que la marée ne remonte, pas quand elle a déjà commencé.
Si vous n’avez pas le niveau : la lagune devant les camps offre 90 % du plaisir avec 10 % du risque, et la zone de la dune blanche est presque aussi lisse à marée basse. Il n’y a aucune honte à attendre l’année suivante ; on l’a fait.
Dakhla
Les autres spots
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La face océan de la péninsule : une droite de point break, de l'eau froide, du vent plus fort et personne pour venir vous chercher.
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40 km d'eau plate devant les camps : on a pied sur 300 mètres, le vent est dans l'axe, et il n'y a rien à percuter.