Kiss from the Reef

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Foum el Bouir

La face océan de la péninsule : une droite de point break, de l'eau froide, du vent plus fort et personne pour venir vous chercher.

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Foum el Bouir
Photo : Darymaister, CC BY-SA 4.0

Foum el Bouir — que l’on croise aussi orthographié Oum Labouir, Foum Labouir ou Oum Lbouer, selon qui écrit le panneau — est de l’autre côté de la péninsule, côté Atlantique, à 5 km au nord du centre de Dakhla. Dix minutes de route depuis la ville, quarante depuis les camps de la lagune. C’est là que la houle du nord vient buter sur une pointe de sable et de récif et se déroule en une longue droite.

Autant l’écrire tout de suite : ce n’est pas la même journée que sur la lagune. L’eau est plus froide, le vent plus fort, le fond plus dur, et le bateau de sécurité des camps est à quarante minutes de là. On y va quand la houle est là et qu’on se sent bien, pas parce qu’il fait beau.

La vague

Une droite de point break, sur un fond mixte de sable et de récif. Quand elle marche, elle se déroule longtemps, proprement, avec une épaule bien dessinée et, les jours sérieux, une section creuse dans laquelle certains passent dessous. Ce n’est pas un mythe local : le spot a accueilli des étapes du GKA Kite-Surf World Tour, et le niveau qu’on y croise ces jours-là remet les idées en place.

La saison, c’est octobre à mars. Les dépressions de l’Atlantique nord poussent leur houle vers le sud le long de la côte marocaine, et Dakhla reçoit 1 à 3 mètres de manière régulière. L’été, la houle s’assagit et le spot devient un clapot de vent quelconque ; on préfère alors rester sur la lagune.

Côte rocheuse de l'Atlantique au sud du Maroc, eau turquoise et vagues déferlant sur le sable
Le côté océan de la péninsule : roche, sable et une eau nettement plus froide que la lagune. Photo : Darymaister, CC BY-SA 4.0

Le vent

Nord-est, comme partout ici, mais l’orientation de la côte le rend side-offshore par la droite. C’est l’orientation idéale pour la vague : le vent tient la lèvre ouverte, la face reste lisse, on peut ralentir et attaquer sans être poussé dedans.

C’est aussi l’orientation la plus punitive. Offshore veut dire que tout ce qui tombe part vers le large. Dans la baie, le vent est plus fort qu’en lagune et franchement rafaleux — on relance mal, on redescend avec une aile qui claque. Il se lisse en s’éloignant du bord, ce qui est un conseil paradoxal mais réel : la zone la plus confortable n’est pas la plus proche de la plage.

Comptez une taille de dessous par rapport à votre gréement de lagune. Et une planche directionnelle sans straps : le twin-tip fonctionne, mais on passe la session à corriger.

La marée et le récif

La règle est simple : mi-marée montante à marée haute. À ce moment-là le récif est bien couvert, la vague déroule long, et on peut se tromper sans conséquence.

À marée basse, l’inverse : la roche affleure, la vague raccourcit et casse plus près du caillou, et une chute mal placée se paie en néoprène déchiré et en peau. On a eu droit à notre leçon un après-midi de janvier, en pensant grappiller une session de plus sur la marée descendante. La leçon a coûté deux points de suture au genou et une paire de chaussons.

Il y a aussi du courant le long de la pointe, qui pousse vers l’extérieur. Il n’est pas violent, mais il travaille en permanence, et il faut y penser avant de dériver trop loin sous le vent du pic.

Le monde et les usages

En semaine hors houle, on y est parfois seuls. Dès qu’une houle sérieuse est annoncée, tout le monde débarque : kiteurs des camps, surfeurs de la ville, écoles de surf, et les riders locaux qui connaissent chaque section par cœur. Le pic est étroit, la vague est une droite : les priorités classiques du surf s’appliquent, et les kites n’ont aucun droit particulier. Un kiteur qui coupe la route d’un surfeur à la rame se fait remarquer, à juste titre.

Notre approche : on se met un peu à l’extérieur, on prend les vagues que personne ne veut, on regarde comment font les locaux, et au bout de deux ou trois jours ça se passe très bien.

Longue plage de sable de la côte atlantique près de Dakhla, petites vagues et cabanons
La côte océan un matin sans houle. Le même endroit change complètement quand la dépression arrive. Photo : Tbo47, CC0

Pratique

Accès : route goudronnée depuis la ville, parking en haut de la plage, pas de barrière ni de droit d’entrée. Depuis les camps de la lagune, comptez 40 minutes ; la plupart organisent une navette les jours de houle, souvent incluse dans les formules pension complète. En van, on peut dormir en haut de la plage, à distance des habitations — c’est toléré, et le vent y est aussi violent la nuit que le jour.

Combinaison : 3/2 minimum, 4/3 de décembre à mars. L’eau est celle du courant des Canaries, 17 à 19 °C en hiver, et on reste longtemps immobile à attendre une série.

Plage de la côte océan avec bungalows et ailes posées au sol au coucher du soleil
Fin de journée côté océan : quelques structures, beaucoup de sable, très peu de monde. Photo : Tbo47, CC0

Sécurité : pas de bateau. Deux règles qu’on s’impose ici et nulle part ailleurs — ne jamais y aller seul, et savoir faire un auto-sauvetage sans y réfléchir. Un leash de planche pour une directionnelle est discutable dans les vagues ; à vous de voir, mais ne pas y penser du tout n’est pas une option.

Niveau : confirmé, sans discussion. Si vous découvrez le surf tracté, faites vos premières armes sur les petits jours, avec quelqu’un qui connaît le spot, et gardez la lagune et le Speed Spot pour le reste de la semaine. Si vous cherchez une vague de récif plus lisible pour progresser, la gauche du Morne à l’île Maurice est plus indulgente, et l’eau y est à 23 °C.

Dakhla

Les autres spots

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  • La lagune

    Alizé de nord-est side-shore, dans l'axe de la lagune ; propre, sans relief pour le tordre, renforcé thermiquement l'après-midi

    La lagune

    40 km d'eau plate devant les camps : on a pied sur 300 mètres, le vent est dans l'axe, et il n'y a rien à percuter.

  • Speed Spot

    Nord-est ; side-shore à l'approche du banc, franchement offshore une fois derrière lui

    Speed Spot

    Un banc de sable qui découvre à marée basse et, derrière, une eau sans une ride. Deux heures de fenêtre, et il faut savoir remonter au vent.