Kiss from the Reef

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La lagune

40 km d'eau plate devant les camps : on a pied sur 300 mètres, le vent est dans l'axe, et il n'y a rien à percuter.

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La lagune
Photo : Nomadz, CC BY-SA 3.0

C’est le spot par défaut de Dakhla, celui qui commence à trois pas de la tente et qui s’étend sur 40 kilomètres vers le nord. Les camps sont alignés sur la rive ouest, dos au désert, face à une eau qui passe du beige au turquoise selon l’heure de la marée. L’alizé de nord-est descend la lagune dans son axe, ce qui donne un vent side-shore régulier, sans arbre ni colline pour le hacher.

On y a fait l’essentiel de nos sessions, et on y a appris que « lagune facile » ne veut pas dire « lagune sans règles ».

Le vent

Nord-est, tous les jours ou presque. Les chiffres annoncés par les écoles — 300 à 320 jours exploitables par an — correspondent à peu près à ce qu’on a vécu. En hiver, on tourne entre 15 et 22 nœuds, avec une bonne part de thermique : rien le matin, ça se met en place vers 11 h, ça donne entre 14 h et 17 h. D’avril à septembre, c’est plutôt 20 à 30 nœuds, avec des pointes à 35 en plein été.

En pratique, on gréait une 12 m le matin et une 9 m l’après-midi en février ; en juillet, une 7 m suffit. Le vent est propre et constant au milieu de la lagune, plus mou dans les 50 premiers mètres, sous le vent des bâtiments des camps — c’est là qu’on rate les décollages, pas au large.

Kites et planches à voile au-dessus de la lagune de Dakhla, banc de sable au fond
Un après-midi ordinaire : une trentaine d'ailes réparties sur trois kilomètres d'eau. Photo : Nomadz, CC BY-SA 3.0

La marée, encore et toujours

C’est le seul vrai paramètre à surveiller. Le marnage est marqué, et il double presque aux grandes marées de pleine et de nouvelle lune.

À marée basse, l’eau se retire de 100 à 300 mètres selon les endroits. On traverse une bande de sable, parfois un herbier, avant de trouver de l’eau. En échange, on récupère une immense zone où l’on a pied, à mi-cuisse, sur des centaines de mètres, et une surface parfaitement lisse. C’est la fenêtre idéale pour apprendre le water start ou travailler des tricks sans risquer grand-chose.

À marée haute, l’eau monte, la plage se réduit à quelques mètres, et le clapot se forme quand le vent dépasse 22-25 nœuds. On a moins pied, la navigation devient plus physique et plus intéressante pour ceux qui sautent.

On regarde donc l’annuaire des marées la veille au soir et on cale la session dessus. Débutant, on vise les deux heures autour de la basse mer ; intermédiaire qui cherche du pop, la mi-marée.

Le fond

Du sable fin sur l’essentiel de la lagune, ce qui explique la réputation de l’endroit. Mais il y a deux nuances. D’abord des plaques d’herbiers, glissantes et un peu molles sous le pied, qui découvrent par endroits à basse mer. Ensuite, et c’est le point important, des fragments de coquillages enfouis dans le sable sur certaines zones. Ils ne se voient pas et ils coupent proprement. On a mis trois jours à comprendre d’où venaient nos entailles sous les pieds ; depuis, on ne marche plus qu’en chaussons.

Rien d’autre : pas de corail, pas d’oursins, pas de rochers. On peut tomber n’importe où sans y penser, et c’est très exactement ce qu’on vient chercher.

Ailes de kite posées sur le sable au bord de la lagune, dune derrière
Zone de gréement d'un camp. Le sable est fin, les coquillages se cachent dessous. Photo : Nomadz, CC BY-SA 3.0

Les zones et le monde

La lagune est tellement grande que la question de la fréquentation ne se pose presque pas. En haute saison, chaque camp lâche vingt à quarante ailes sur l’eau, mais elles s’étalent immédiatement sur trois ou quatre kilomètres. Le seul endroit vraiment chargé, c’est la bande des 100 premiers mètres devant les écoles, où les élèves font leurs body drags. Si vous n’êtes pas en cours, remontez au vent et laissez-leur la place.

Plus au nord, la lagune se rétrécit et le vent s’accélère légèrement ; c’est notre coin préféré en fin d’après-midi. Vers le sud, la rive de la dune blanche offre des zones plates et calmes, un peu à l’écart, avec un vent tout aussi propre. Et de novembre à février, en semaine, on se retrouve régulièrement à cinq ou six sur l’eau.

Sortir par la lagune, et ce qu’on en pense

La lagune communique avec l’Atlantique par une passe, au nord de la péninsule. Certains y font des downwinds jusqu’au Speed Spot ou tentent de sortir vers l’océan à marée descendante. Le courant dans la passe est net, il travaille avec la marée, et il ne pardonne pas une aile qui tombe.

Notre règle, apprise en regardant deux personnes se faire récupérer au bateau : on ne dérive jamais volontairement plus loin qu’on ne peut remonter au vent, et on ne quitte pas la zone couverte par les bateaux des camps sans avoir prévenu quelqu’un. Les camps assurent le sauvetage devant chez eux, en quelques minutes. Plus loin, plus rien.

Pratique

Accès : les camps sont à 25-40 km au sud de la ville, sur la piste qui longe la lagune. En van, on se gare au PK25 ou sur un des replats de sable dur en bord de rive ; on évite le sable mou, qui a coûté à d’autres une demi-journée et un treuil.

Matériel : 7 à 12 m selon la saison et le gabarit. Twin-tip, chaussons, lycra, et une 3/2 de novembre à avril (l’eau descend à 17-19 °C) ; shorty l’été.

Cours et location : toutes les écoles des camps donnent des cours en français, en anglais et en allemand. 280 à 350 € les 10 heures en groupe, 210 à 365 € la semaine de location complète.

Jours sans vent : la ferme ostréicole, la dune blanche à marée basse, ou la route de l’océan pour aller voir si Foum el Bouir casse.

Dakhla

Les autres spots

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  • Foum el Bouir

    Nord-est side-offshore par la droite ; plus fort et rafaleux dans la baie, plus propre en s'éloignant du bord

    Foum el Bouir

    La face océan de la péninsule : une droite de point break, de l'eau froide, du vent plus fort et personne pour venir vous chercher.

  • Speed Spot

    Nord-est ; side-shore à l'approche du banc, franchement offshore une fois derrière lui

    Speed Spot

    Un banc de sable qui découvre à marée basse et, derrière, une eau sans une ride. Deux heures de fenêtre, et il faut savoir remonter au vent.