Kiss from the Reef

DestinationsAlgarve

Alvor

La lagune où l’Algarve apprend à kiter, à condition d’arriver avec la marée.

  • Débutant
  • Intermédiaire
Alvor
Photo : Joseolgon, CC BY-SA 4.0

La Ria de Alvor est un estuaire coincé entre Lagos et Portimão, fermé côté mer par deux flèches de sable et deux digues de pierre. Derrière, un plan d’eau d’environ 2 km sur 1,5 km, une réserve naturelle classée Natura 2000, des parcs à huîtres et, tous les après-midi de juin à août, une trentaine d’ailes d’école dans le ciel.

On y a passé neuf jours, garés d’abord côté Lagos puis côté Alvor, et on a compris assez vite que le spot ne se lit pas avec la prévision de vent mais avec l’annuaire des marées. Toutes les six heures, la lagune passe d’un désert de sable à un lac, et inversement.

Le vent

C’est la Nortada, pure et simple. Un vent de nord à nord-ouest qui se déclenche entre 13 et 14 h, monte à 15-20 nœuds en une heure et se cale entre 18 et 22 nœuds jusqu’à 19 h. Le couloir entre Lagos et la serra de Monchique l’accélère, et les jours de grand soleil on a vu des 7 m sortir des sacs vers 17 h. Les tailles courantes l’été sont plutôt 9 et 12 m.

Selon la rive, il arrive side-shore ou side-off. Côté Lagos, sur ce que les locaux appellent Kite Beach, il est side-off avec les dunes dans le dos, ce qui veut dire un bateau de sécurité des écoles en marée haute et une vigilance permanente. Côté Alvor, à l’est, il est plus onshore, plus confortable pour un autonome fraîchement sorti de cours.

Le vent de sud existe, le matin, à 12-15 nœuds, mais il ne dure pas. Le vent d’est est coupé par la ville d’Alvor. On a aussi eu un jour de vent d’ouest, rafaleux, qu’on a passé à lire.

La marée, encore et toujours

Vasières et bancs à découvert dans la Ria de Alvor à marée basse
À marée basse, la lagune redevient une vasière et le kite se fait dans le chenal, avec du courant. Photo : Notafly, CC BY-SA 4.0

À marée basse, il ne reste que le chenal principal, et l’eau y file comme une rivière. Avec des coefficients importants (plus de 3 m de marnage), le courant peut vous emmener vers la passe et l’océan. Ce n’est pas une figure de style, les écoles le répètent à chaque briefing.

La fenêtre qui marche, c’est de mi-marée montante à une heure après la pleine mer. À mi-marée, on a de l’eau jusqu’aux genoux ou à la taille sur les bancs, du flat, peu de courant, et c’est là que les écoles sortent tous leurs élèves. À marée haute, le plan d’eau devient immense, les bancs disparaissent et ce sont plutôt les autonomes qui s’y retrouvent. Le piège de la marée haute : les parcs à huîtres, avec leurs piquets de bois et de fer juste sous la surface. Ils sont balisés, on ne rentre pas dedans.

Fond de sable partout, quelques rochers au sud vers la passe, des cages de pêcheurs et des lignes à l’ouest. L’été, les bateaux de plaisance remontent le chenal : on reste sur l’eau peu profonde et on les laisse passer.

Où se garer, où lancer

Quatre accès principaux, que les écoles décrivent chacune à leur manière :

  • Côté Lagos, un parking en terre au bout d’une piste sableuse, puis 5 min à pied jusqu’à Kite Beach. C’est le plus fréquenté et le plus pratique quand il y a des écoles.

  • Les viviers (fish farms), plus au nord, avec peu de places et un chemin qui se dégrade sous la pluie.

  • La passerelle de pierre vers Mexilhoeira, réservée aux autonomes sûrs d’eux : 400 à 500 m de marche avec le matériel, du side-shore et peu d’eau à mi-marée.

  • Côté Alvor, depuis le parking près de la marina, 20 à 25 min sur les caillebotis à travers les dunes. Le plus long, le plus tranquille, et le seul où le vent est onshore.

Le côté mer de la flèche est interdit aux sports nautiques à moins de 200 m des zones de baignade de mai à fin septembre. On ne va donc pas chercher les vagues de Meia Praia depuis la lagune.

Débutants et écoles

C’est sans doute le meilleur endroit d’Europe du Sud qu’on connaisse pour un premier stage, avec le Stagnone en Sicile : fond de sable, eau à hauteur de cuisse sur toute la zone d’apprentissage, vent régulier à horaire fixe. Neuf écoles opèrent l’été, quasiment toutes certifiées VDWS, avec des groupes de quatre maximum, à partir de 125 € la journée. Un cours privé de 90 min coûte environ 130 €, la location 80 € la journée pour ceux qui ont déjà pris un cours sur place.

L’envers de la médaille, c’est la foule à mi-marée : entre 15 et 18 h en juillet, les écoles occupent les bancs et un autonome a intérêt à viser la marée haute. Les groupes d’ailes se croisent à faible hauteur, on lance et on pose sur le sable dur, jamais dans l’eau.

Plage d’Alvor avec la lagune et les collines de l’arrière-pays derrière les dunes
Vue depuis la plage d’Alvor : la lagune est juste derrière le cordon de dunes. Photo : Tiago J. G. Fernandes from Portimão, Portugal, CC BY 2.0

Le van

La lagune est une zone Natura 2000 : pas de nuit sur les parkings du spot, et la GNR le vérifie en été. On a testé une nuit discrète sur la piste côté Lagos hors saison, sans problème, mais ce n’est pas légal et on ne le conseille pas. Le camping d’Alvor, au nord du village, est à 10 min du parking de la marina. Depuis Lagos, il y a une aire de camping-cars municipale. Pour la suite de la route vers l’est, on a filé vers Fuseta, à 95 km par l’A22.

Algarve

Les autres spots

Retour à Algarve
  • Fuseta

    Sud-ouest (thermique d’après-midi) side-shore ; Levante d’est le matin, plus doux et plus lisse

    Fuseta

    Un village de pêcheurs, une île-barrière et une lagune qui n’existe qu’à marée haute.

  • Lagoa de Óbidos

    Nord à nord-ouest (Nortada) side-shore, accéléré par les collines ; toutes directions sauf le sud à l’intérieur

    Lagoa de Óbidos

    La plus grande lagune du Portugal, une Nortada accélérée par les collines et deux spots en un.