DestinationsPortugal
Algarve
Deux lagunes de marée, une côte ouest sauvage et une Nortada qui se lève après le déjeuner.
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On est arrivés en Algarve par le nord, en descendant de Lisbonne avec le van, et on en est repartis par l’est, vers Tarifa. Entre les deux, trois semaines réparties sur trois plans d’eau qui n’ont pas grand-chose en commun à part le sable et l’horaire du vent : la Lagoa de Óbidos, qui n’est pas en Algarve mais qu’on a rangée ici parce qu’elle est sur la route, la lagune d’Alvor près de Portimão, et la Ria Formosa à Fuseta, à l’est de Faro.
Ce qu’on savait avant de venir tenait en une phrase : l’Algarve, c’est la côte des falaises ocre et des hôtels. C’est vrai pour le tronçon entre Lagos et Albufeira. Ce que les cartes postales ne montrent pas, ce sont les lagunes de marée derrière les cordons dunaires, et un vent thermique qui se met en route à l’heure du café et tient jusqu’au coucher du soleil.
On ne va pas vous vendre un Dakhla européen. Le vent est moins fort que la Levante de Tarifa, l’eau moins chaude que chez nous à Maurice, et la loi portugaise sur le stationnement des vans a des dents. Mais pour apprendre, progresser en flat et enchaîner les sessions d’après-midi sans lever le nez d’une prévision, on a rarement eu aussi peu de jours perdus.
La Nortada, un vent qui a des horaires
Le moteur de tout ça s’appelle la Nortada. C’est un vent thermique de nord à nord-ouest, créé par l’écart de température entre les plaines de l’Alentejo, qui chauffent, et l’Atlantique, qui reste à 18 ou 20 °C. Le matin, rien. Vers 13 ou 14 h, la côte passe de calme plat à 15 ou 20 nœuds en moins d’une heure, puis ça tient jusqu’en soirée. Les écoles d’Alvor annoncent 18 à 22 nœuds de moyenne un après-midi de Nortada bien établie, avec des pointes au-delà de 25 quand le ciel est dégagé.
Deux choses à retenir. D’abord, les modèles météo sous-estiment systématiquement ce vent : un fichier qui affiche 12 nœuds donne souvent 18 sur l’eau. Ensuite, il est renforcé localement par le relief. À Alvor, le couloir entre Lagos et la serra de Monchique fait effet Venturi ; à Óbidos, ce sont les collines autour de la lagune. On a fini par ne plus regarder que la température prévue à l’intérieur des terres.
La saison va de mai à septembre, avec juin et juillet en tête (cinq à sept jours de vent par semaine selon les écoles), août un peu en dessous mais bondé, septembre plus aléatoire et beaucoup plus calme sur les plages. En avril et en octobre, ça marche un jour sur deux, et il faut ressortir la 4/3.
L’autre vent, c’est le Levante. Un vent d’est, sec, qui souffle surtout sur l’est de l’Algarve et plutôt hors saison. L’été, il se manifeste tôt le matin, à 10 ou 15 nœuds, et meurt vers midi. À Fuseta, les foilers en profitent avant que la Nortada prenne le relais.
Trois plans d’eau, trois caractères
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Óbidos, à 90 km au nord de Lisbonne, est la plus grande lagune du pays : 6 km de long, 2 m de profondeur en moyenne, une embouchure entretenue artificiellement. Le spot de l’embouchure (Foz do Arelho, Bom Sucesso) est un miroir avec un vent très propre, mais il ferme du 15 juin au 15 septembre. L’intérieur reste ouvert toute l’année, avec plus de vent et un peu de clapot.
Alvor, entre Lagos et Portimão, c’est la lagune des écoles. Deux kilomètres de flat peu profond à mi-marée et marée haute, fond de sable, neuf écoles sur place l’été. C’est là qu’on enverrait quelqu’un qui débute. C’est aussi là qu’il y a le plus de monde.
Fuseta, dans le parc naturel de la Ria Formosa, est plus confidentiel. La lagune est fermée par une île-barrière, on ride entre l’île et la côte, à marée haute seulement, sur un vent de sud-ouest thermique. La zone autorisée est réduite l’été et on ne traverse pas le chenal des bateaux.
Pour les vagues, il faut aller sur la côte ouest : Praia da Bordeira à Carrapateira, Martinhal à Sagres. On n’a fait que regarder, le van n’était pas d’humeur à monter la piste avec des rafales à 30 nœuds. La saison là-bas est plutôt novembre-mars, quand la côte sud s’endort.
Quand venir
Mai-juin : notre préférence. Vent installé, eau à 18-19 °C (3/2 mm), campings à moitié vides, parkings accessibles.
Juillet-août : le vent le plus fiable et le plus fort, l’eau à 21 °C, mais la zone d’embouchure d’Óbidos est fermée, les zones de lancement de Fuseta sont réduites et les plages d’Alvor sont pleines d’écoles.
Septembre : très bon compromis si on accepte de perdre une journée sur trois.
Octobre-avril : pour les confirmés qui cherchent des dépressions atlantiques et de la houle sur la côte ouest.
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Le van et la loi portugaise
C’est le point qui nous a le plus occupés. Depuis la loi 66/2021, entrée en vigueur en août 2021, un camping-car homologué peut passer la nuit sur un parking public 48 h maximum dans la même commune, à condition de ne pas « camper » : pas d’auvent, pas de table, pas de chaises dehors. C’est interdit dans les zones Natura 2000, les aires protégées et les zones couvertes par les plans littoraux, ce qui en Algarve couvre à peu près tout ce qui a une vue. L’amende va de 60 à 300 € en zone normale et de 120 à 600 € en zone protégée. La GNR passe, surtout l’été, surtout dans l’ouest.
Concrètement : la Ria Formosa est un parc naturel, la lagune d’Alvor est un site Natura 2000 et Óbidos est dans un plan côtier. On a donc dormi en camping ou sur les aires municipales (ASA), qui coûtent quelques euros la nuit avec vidange et eau. Ça change les habitudes prises à Leucate, et on l’a mal vécu la première semaine. Ensuite on a admis que dormir au calme à 2 km du spot n’enlevait rien à la session.
Budget et logistique
L’aéroport de Faro est à 50 min d’Alvor et 25 min de Fuseta ; Óbidos se fait depuis Lisbonne en 1 h 15. En van, la route Lisbonne–Óbidos–Alvor–Fuseta fait environ 450 km, plus les 2 000 km depuis Paris. Le gasoil est un peu moins cher qu’en France, les péages de l’A2 s’additionnent vite.
Côté prix : un cours collectif à Alvor part de 125 € la journée, un privé de 90 min tourne autour de 130 €, la location de matériel de 25 à 40 € l’heure ou 80 € la journée. Les campings coûtent 18 à 30 € la nuit pour deux en haute saison, les aires 3 à 8 €. Nous, on a tenu à 50 € par jour en cuisinant dans le van et en ne louant rien. Ceux qui prennent un studio à Lagos ou Fuseta comptent plutôt 100 à 140 €.
Le reste, on le raconte spot par spot, et pour ce qui concerne la vie à bord entre deux sessions, tout est dans le journal.
3 spots documentés
Les spots
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La lagune où l’Algarve apprend à kiter, à condition d’arriver avec la marée.
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Un village de pêcheurs, une île-barrière et une lagune qui n’existe qu’à marée haute.
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La plus grande lagune du Portugal, une Nortada accélérée par les collines et deux spots en un.