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Vivre et kiter en van : ce que six mois sur la route nous ont appris

Où ranger quatre ailes mouillées dans six mètres carrés, où dormir près des spots de Leucate à Dakhla, quelles applis on ouvre vraiment, et ce qu’on referait autrement.

Vivre et kiter en van : ce que six mois sur la route nous ont appris
Photo : StockSnap, CC0

Le van, on l’a acheté pour une raison simple : à l’île Maurice, la saison de vent s’arrête en octobre, et on n’avait pas envie d’attendre mai sur le canapé. Un fourgon de 5,40 m, un lit fixe, un réchaud, et l’idée de suivre la Tramontane à Leucate, puis le Levante à Tarifa, puis l’alizé de Dakhla. Six mois plus tard, on a environ 8 000 km au compteur, une aile réparée, deux amendes évitées de justesse et une liste assez précise de ce qu’on a fait de travers.

Ce qui suit n’est pas un guide d’aménagement. Il en existe des dizaines, écrits par des gens qui savent souder. C’est plutôt la liste des questions qu’on ne s’était pas posées avant de partir et qui, sur la route, reviennent tous les jours : où mettre une aile mouillée à 19 h quand il pleut, où dormir sans se faire réveiller à 2 h du matin, et pourquoi le van sent le poisson au bout de trois semaines.

Ranger le matériel sans vivre dedans

La première erreur, classique, c’est de traiter le matériel de kite comme des bagages. Deux ailes, une planche, une barre, un harnais et une combinaison, ça se glisse à peu près n’importe où le premier jour. Au bout d’une semaine de sessions quotidiennes, c’est une masse humide et sableuse qui occupe le lit, la banquette et le moral.

Les forums de vanlifers kiteurs convergent sur une règle : le matériel mouillé ne doit jamais entrer dans l’espace de vie. Certains montent un coffre sur attelage pour tout laisser dehors, d’autres suspendent les sacs d’ailes dans des filets tendus sous le plafond, d’autres encore rangent les planches à la verticale derrière les sièges. On a fini par un compromis : un coffre étanche en soute arrière, accessible par les portes battantes, avec deux bacs en plastique pour les ailes et une planche coincée à la verticale dans une housse épaisse. Le harnais et la barre vivent dans un troisième bac. La combinaison pend à l’extérieur sur une barre de rétroviseur tant qu’il ne pleut pas.

Ce qui fait vraiment la différence, c’est la ventilation. Une trappe de toit avec ventilateur, un sommier à lattes plutôt qu’un panneau plein sous le matelas, et l’habitude d’ouvrir les portes arrière dès qu’on s’arrête. Sans ça, la condensation de deux personnes et de deux ailes mouillées finit sur les vitres, puis dans le matelas, puis en moisissure.

Van Westfalia beige garé seul sur une grande plage de sable sous un ciel voilé
Sur les aires, le voisin a souvent le même problème d’ailes mouillées que vous. Photo : Raimond Spekking, CC BY-SA 4.0

Sécher et rincer

Une aile qui reste roulée mouillée pendant deux jours, ça ne se voit pas tout de suite. Ça se voit au bout d’un mois : des taches sombres sur le spi, une odeur, et un tissu qui perd de sa tenue. Les revendeurs sont unanimes : jamais de rangement humide, jamais de stockage dans un véhicule chaud, la colle des valves n’aime pas ça.

Sur la route, on a trois options. La bonne, quand il y a du vent et pas de pluie : dégonfler à moitié, laisser l’aile posée en boule sur le sable dix minutes, elle sèche seule. La moyenne, quand ça mouille : étaler l’aile dégonflée sur le sol du van le soir, portes ouvertes, et la rouler le matin. Ça occupe tout l’espace au sol, mais ça marche. La mauvaise, celle qu’on a pratiquée trop souvent : la rouler mouillée en se disant qu’on verra demain.

Le rinçage, on l’a réduit au minimum utile. L’aile, on ne la rince quasiment jamais en voyage : ça consomme 20 à 30 litres d’eau qu’on n’a pas, et un séchage complet suffit. La barre, en revanche, passe sous un filet d’eau douce tous les deux ou trois jours, surtout les parties métalliques et le chicken loop. Le sel qui sèche dans un largueur, c’est le genre de chose qu’on découvre le jour où il ne s’ouvre pas. Le réservoir d’eau propre de 60 litres tient trois jours à deux, douche solaire comprise, si personne ne rince une aile.

Où dormir près des spots

Leucate est un bon point de départ parce que la commune a fait le choix des aires de camping-car plutôt que de la répression. Il y en a quatre : Le Goulet à Leucate-Village (150 places, en face du spot de windsurf de l’étang), Mouret à Leucate-Plage (236 places), Dali à Port-Leucate et celle du Domaine de la Presqu’île à La Franqui, qui donne directement sur la plage des Coussoules. Toutes ont vidange et remplissage d’eau, celles de La Franqui et Port-Leucate ont l’électricité, paiement par carte, ouvert 24 h sur 24. On a passé trois semaines à tourner entre Le Goulet et La Franqui selon l’orientation : Tramontane, on va à La Franqui ; Marin de sud-est, on reste sur l’étang. Le détail complet est sur la page Leucate.

À Tarifa, c’est plus tendu. Les parkings de Los Lances et Valdevaqueros sont surveillés, le stationnement de nuit y est officiellement interdit et les amendes tombent en été. On a alterné entre un camping en bord de N-340 hors saison (12 à 18 € la nuit pour deux) et des nuits sur des parkings de village en retrait, à dix minutes de Los Lances.

À Dakhla, le problème s’inverse : on peut dormir presque partout, mais il n’y a rien. Les camps de la lagune tolèrent les vans sur leur parking contre une consommation ou un forfait de 5 à 15 € la nuit, avec douche et eau. On en parle en détail dans une semaine à Dakhla.

Les applis qu’on ouvre vraiment

On en a installé une quinzaine, on en utilise quatre. Park4night pour les spots de nuit et les points d’eau, avec les commentaires récents comme seule information fiable : un parking toléré en 2023 ne l’est plus forcément. Windguru pour le vent, en regardant au moins deux modèles, ce qu’on détaille dans lire une prévision de vent. Une appli de marées pour Tarifa et Dakhla, où la lagune change de visage entre haute et basse mer. Et une carte hors ligne, parce que le réseau tombe dès qu’on quitte la nationale au Maroc.

Ce qu’on referait autrement

Le lit. On a monté un lit fixe transversal pour gagner de la place, et on a perdu la possibilité de ranger la planche à plat dessous. Un lit longitudinal avec une soute de 1,50 m de long aurait réglé la moitié des problèmes de rangement.

L’eau. 60 litres, c’est le minimum. Avec 100 litres et une pompe de douche extérieure, on aurait rincé la barre tous les jours sans calculer.

Le calendrier. On a voulu enchaîner Leucate, Tarifa et Dakhla en six mois avec deux allers-retours. Rester un mois plein sur chaque spot, comme le conseillent tous ceux qui ont fait le compte de leur budget carburant, aurait coûté moins cher et rapporté plus de sessions. Les chiffres sont dans le budget d’une saison itinérante.

Et la troisième aile. On était partis avec deux, pour la place. On aurait dû en prendre trois, et on explique pourquoi dans le quiver de voyage.

Destination liée : Leucate, France

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